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NATHALIE VAN DOXELL

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"O RING" de NATHALIE VAN DOXELL 

Cette exposition rassemble des photographies issues d’un empilement lent d’expériences, accumulées au fil des années, sans plan très clair au départ. Il n’y a ni commencement ni véritable conclusion. On entre dans un monde à la fois séduisant et vaguement anxiogène, un monde qui ressemble au nôtre mais dont les règles semblent s’être légèrement déplacées.

Il s’agit d’une légende ouverte, disponible à toutes les interprétations, où se croisent la photographie documentaire et la photographie d’auteur, l’art conceptuel et ce que l’on pourrait appeler, faute de mieux, une forme d’anthropologie visuelle. Un monde imaginaire, donc, mais solidement ancré dans la banalité du réel quotidien.

L’artiste mène cette investigation année après année, avec une persévérance presque clinique. Elle élabore peu à peu une mythologie onirique du pouvoir et de la mondialisation, dans une zone instable où la fiction ne parvient jamais tout à fait à se détacher de la réalité. Le travail avance ainsi, par ajouts successifs, nourri de nouvelles expériences photographiques, sans jamais chercher à se clore.

Ces images constituent le fil conducteur d’un processus long, étiré dans le temps, comme une tentative — peut-être vaine, mais nécessaire — de comprendre quelque chose au monde contemporain.

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O Ring II #16-08

Tirage archive inkjet pigmentaire /Archival inkjet pigmentary print 
85 x 85 cm (encadré/framed :

120 x 120 x 4,5 cm)

Edition de/of 3

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O Ring III #11-02

Tirage archive inkjet pigmentaire /Archival inkjet pigmentary print 
85 x 85 cm (encadré/framed :

120 x 120 x 4,5 cm)

Edition de/of 3

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O Ring IV #04-05

Tirage archive inkjet pigmentaire /Archival inkjet pigmentary print 
85 x 85 cm (encadré/framed :

120 x 120 x 4,5 cm)

Edition de/of 3

Banalité fatale
Peut-on découvrir la profondeur du superficiel et déceler une subtile menace dans les objets les plus ordinaires? Nathalie van Doxell ne regarde pas seulement au delà des façades sociales du quotidien, elle cherche aussi à communiquer ses visions déconcertantes avec un art simple et cependant techniquement très actuel.


Si l'oeuvre de van Doxell recourt à une grande variété de formes ( incluant la photographie, la vidéo, des installations, des objets "manufacturés" ainsi que des publicités parodiques sous formes d'affiches, de communiqués de presse, de formulaires d'inscription pour des circuits guidés en autocar et des textes de visites commentées) elle est néanmoins d'une cohérence thématique étonnante, sinon immédiatement apparente. Le contraste entre aspects manifestes et latents indique en effet les préoccupations fondamentales de l'artiste : l’inconsistance des apparences, le hiatus entre surface et profondeur, le pouvoir des médias et l’imperfection de nos systèmes de représentation.


L'artiste étudie avec pertinence "les voies du regards", c'est à dire l’apparence que nous offrons aux autres, et comment, en retour, nous appréhendons un monde qui nous est donné sous une forme toujours plus médiatisée : films, photographies toutes réordonnées, montées et implacablement accompagnée d'un commentaire de telle manière que chacune des composantes y disparaît sous la nuée de ses propres significations. En mettant en avant les codes de présentation visuelle, elle s’évertue à défier les conventions quotidiennes du “ voir ” et du “ montrer ”, à faire vivre, au “ regardant ”, son interlocuteur direct, les manipulations des médias et de l’ art, et révéler ainsi le bénéfice en matière de pouvoir, d'influence et de gain financier.


Les sujets abordés par van Doxell s’étendent de la criminalité (les meurtres en série) au réductionnisme bourgeois (confondre son identité personnelle avec un titre professionnel) en passant par l'"innocence" enfantine (les enfants comme emblème galvaudé de la pureté édénique). Sa thématique est donc duelle : la banalité du mal mais aussi le mal de la banalité. En prosant avec tant d’insistance les surfaces apparemment inoffensives et souvent séduisantes tant du corps individuel que du corps politique collectif, elle tire un signal d'alarme social et philosophique.

Richard VineRedacteur manageur du magazine Art in America, New York

galerie[s]mortier
77 rue Amelot - 75011 Paris \ +33 6 67 31 67 81 / stm@galerie-s-mortier.com

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